Coffee Break

Le « Jour de la libération » pour les États-Unis

Coffee Break:
  • Semaine

Les temps forts de la semaine dernière

  • L'incertitude entourant le commerce mondial s'est accrue à l’approche du « Jour de la libération » (2 avril), avec l'annonce de 25 % de droits de douane américains sur les automobiles et les pièces détachées, qui s'ajouteront aux taxes existantes.
  • La Fed surveille de près la dynamique des prix, l’inflation de base aux États-Unis ayant dépassé les attentes pour augmenter de 0,4 %, ce qui porte sa hausse annuelle à 2,8 %.
  • Les inquiétudes concernant la croissance persistent alors que la confiance et le moral des consommateurs s’effritent, ce qui soulève des doutes quant à la pérennité du cycle en cours.
  • La France et l'Espagne ont annoncé des taux d'inflation inférieurs aux prévisions pour mars (respectivement 0,9 % et 2,2 %), ce qui suggère une nouvelle atténuation des pressions inflationnistes en zone euro.
  • Les impacts négatifs potentiels de la hausse des droits de douane ont poussé la Banque du Japon à maintenir sa politique inchangée et incité la Banque du Canada et la Banque du Mexique à baisser leurs taux.
  • Les solides bénéfices des entreprises reflètent les tendances sectorielles, BYD bénéficiant de prix compétitifs et de la dynamique des véhicules électriques, tandis que Micron Technology continue d'investir massivement dans la croissance et conserve une importante trésorerie.

Et ensuite ?

  • Après plusieurs semaines de marchés volatils, l’administration américaine annoncera la mise en place de droits de douane réciproques. Par ailleurs, l’imposition d’une taxe de 25 % sur les véhicules importés pourrait avoir des implications économiques et commerciales significatives, notamment en Europe, au Japon et en Corée du Sud.
  • Très attendu, le rapport sur l'emploi aux États-Unis – les analystes tablent sur plus de 150 000 créations d'emplois et une légère hausse du taux de chômage à 4,2 % – permettra de jauger la vigueur du marché du travail.
  • Alors que l'inflation surprend à la baisse en France et en Espagne, nous surveillerons les chiffres de l'Allemagne, de l'Italie et de l’ensemble de la zone euro. Ces données seront déterminants pour l’avenir de la politique monétaire.
  • Sur le front géopolitique, tous les yeux seront tournés vers la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, qui portera sur les défis en matière de sécurité, les conflits et les engagements des pays alliés.

 

Nos convictions

Scénario de base

  • La croissance américaine est désormais menacée par l'incertitude entourant la politique commerciale et l’action du DOGE, qui mine la confiance tandis que les droits de douane et les « mesures d'efficacité » freinent la dynamique économique.
  • En Europe, la politique budgétaire – notamment en Allemagne – devient enfin plus expansionniste, mais le ralentissement des salaires, le recul de l'inflation et la menace des droits de douane américains suggèrent une nouvelle baisse des taux de la BCE cette année.
  • La réaction mesurée de la Chine aux droits de douane américains, associée à une déflation persistante et des mesures de relance limitées, ne semble pas de nature à renforcer significativement la confiance des consommateurs.

Risques

  • Les anticipations de politique monétaire continuent de diverger : la Fed reste prudente face aux craintes de « stagflation » et de « Trumpcession » aux États-Unis, tandis que l’effort budgétaire européen sape les espoirs d'un assouplissement massif de la BCE, rendant l’évolution des taux indiscernable.
  • L'incertitude économique et commerciale se propage à travers le monde : le flottement politique qui mine les pays du G7 – en particulier les États-Unis – pèse sur la confiance des entreprises et la stabilité des marchés.
  • L'escalade des droits de douane américains reste au centre de l’actualité. Alors qu’une guerre commerciale se profile et que d’importantes annonces sont attendues le 2 avril, le risque de nouvelles perturbations et mesures de rétorsion constitue une menace majeure pour les chaînes logistiques mondiales et les marchés financiers.

Strategie cross asset et positionnement du portefeuille

  1. Ces dernières semaines, l’incertitude économique s’est renforcée aux États-Unis, tandis que les politiques budgétaires en Europe apportent une lueur d’espoir. Dans un environnement d’aversion au risque, nous maintenons une stratégie équilibrée en réduisant le poids des marchés américains pour nous diversifier dans les actions mondiales. Par ailleurs, la hausse de la prime de risque favorise les emprunts d’État. Nous restons positifs sur la duration européenne – y compris le Bund – sur fond d’inflation plus faible que prévu et de politique monétaire accommodante en zone euro.
  2. Actions :
    • Nous sous-pondérons les actions américaines, car l’incertitude politique et les menaces sur la croissance pourraient mettre fin à « l'exceptionnalisme américain ». Les tensions commerciales, la situation budgétaire et les contraintes de la politique monétaire pèsent sur les prévisions de bénéfices des entreprises, tandis que le niveau élevé des valorisations laisse peu de marge d'erreur.
    • En revanche, les actions européennes bénéficient d'une inflexion de la politique budgétaire et certains marchés émergents offrent des opportunités. Le risque de guerre commerciale tempère néanmoins les perspectives. Nous sommes neutres à l'égard des marchés européens et émergents. Au sein des marchés émergents, nous sommes neutres sur la Chine, dont la récente surperformance devrait se modérer. L’essentiel du plan de relance est désormais connu et la saison des résultats touche à sa fin.
    • Positionnement neutre à l’égard du Japon.
  3. Secteurs :
    • Nous restons sélectifs et privilégions les secteurs aux bénéfices stables tout en réduisant l'exposition aux secteurs sensibles au risque de ralentissement, une décision qui s'inscrit dans un environnement de fin de cycle où le positionnement défensif devient essentiel.
    • En Europe, l’effort budgétaire annoncé crée un environnement favorable aux investisseurs à long terme, notamment dans l’industrie et les moyennes capitalisations.
    • Aux États-Unis, nous avons réduit notre exposition aux services financiers, car les inquiétudes liées à la croissance, l'incertitude politique et la prudence de la Fed pèsent sur les perspectives de bénéfices du secteur. Le ralentissement de la croissance des prêts et le resserrement des conditions de crédit pourraient menacer la rentabilité.
    • Des deux côtés de l’Atlantique, nous recherchons des entreprises aux caractéristiques défensives qui surperforment en période de ralentissement de la croissance et de volatilité accrue.
  4. Sur les marchés obligataires, les actifs plus sûrs suscitent un intérêt croissant. Nous restons positifs sur la duration souveraine, car le ralentissement de la croissance et l'incertitude politique soutiennent la demande d'obligations de qualité.
  5. Obligations souveraines :
    • De leur côté, les emprunts d’État européens sont soutenus par une BCE accommodante et des mesures de relance budgétaire. Nous sommes positifs à l’égard des Bunds.
    • Nous sommes neutres sur les bons du Trésor américain, car les risques pesant sur la croissance, les tensions commerciales et l’attentisme de la Fed renforcent leur statut de valeur refuge. Alors que la politique monétaire reste réactive et les pressions inflationnistes modérées, les rendements peuvent encore baisser.
  6. Crédit :
    • Nous restons neutres vis-à-vis du segment investment grade.
    • La sous-pondération du haut rendement européen et américain reflète notre prudence, alors que les investisseurs réduisent leur exposition au risque de crédit sur fond d'incertitude économique et de ralentissement. Si les spreads restent plutôt étroits, la détérioration des fondamentaux, les pressions potentielles sur les bénéfices et l'incertitude politique – en particulier aux États-Unis – rendent le couple rendement/risque moins attrayant.
  7. Nous maintenons une allocation neutre sur la dette émergente, menacée par la faiblesse du dollar et les rendements à 10 ans.
  8. Les stratégies alternatives jouent un rôle de diversification crucial :
    • Les métaux précieux tels que l'argent et l'or demeurent attrayants en tant que couverture contre l'inflation et l'incertitude économique.
  9. Les taux de change resteront incontournables dans les négociations commerciales et la dynamique générale des marchés :
    • Le yen pourrait s'apprécier davantage, en réponse à la hausse des taux ou grâce à son statut de valeur refuge.

 

Notre positionnement

Nous maintenons une stratégie actions équilibrée : nous réduisons l'exposition aux États-Unis au vu des risques pesant sur la croissance, de l'incertitude politique et de valorisations élevées, et restons neutres sur les actions européennes et les marchés émergents, soutenus par la relance budgétaire mais menacés par une guerre commerciale. Au plan sectoriel, les valeurs défensives aux bénéfices stables sont privilégiées. En outre, nous ciblons le secteur de l’industrie et les moyennes capitalisations en Europe. Sur les marchés obligataires, les emprunts d’État européens restent attrayants grâce au soutien de la BCE et nous sommes neutres vis-à-vis des bons du Trésor américain, qui conservent leur statut de valeur refuge. La prudence nous incite à sous-pondérer les obligations à haut rendement en raison de l'augmentation du risque de crédit. Les actifs alternatifs, en particulier l'or et l'argent, offrent une bonne couverture contre l'inflation et l'incertitude. Enfin, la dynamique du marché des changes est à surveiller, avec une appréciation potentielle du yen.

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